Le phénomène est apparu dans les années 90 en république démocratique du Congo, un pays traumatisé par la guerre, la famine et le sida. Il a pris des proportions inquiétantes, alimenté par des nouvelles congrégations religieuses dont les pasteurs assoient leurs réputations sur des prétendus exorcismes.
Les enfants de la rue pas toujours issus des familles brisées
A Kinshasa comme de part et d'autre de la RDC, beaucoup d'enfants vivent dans la rue. La plupart ne sont pas toujours issus des familles brisées comme le laisse entendre le terme en vogue «enfants en rupture familiale». Ces enfants fuient plutôt la haine, les tortures, etc. pour se réfugier dans la rue.
Certains de ces enfants se livrent à la prostitution et d'autres au vol. Victimes de la société, ces enfants sont l'objet de toutes sortes de préjugés et de toute sorte d'agression, que ce soit physique ou morale.
QUI SONT CES ENFANTS ET OU VIVENT-ILS ?
Les enfants en rupture familiale vivent en grand nombre dans les rues de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. Orphelins pour la plupart, ces enfants, abandonnés, sont souvent taxés de sorciers par les groupes de prières qui pullulent dans la ville de Kinshasa. Ces églises, bien souvent dépourvues de connaissance en matière d'exorcisme, maltraitent, torturent voire même causent la mort de plus d'un enfant sous prétexte de chasser les mauvais esprits.
Communément appelés «shégués», les enfants en rupture familiale sont redoutés par tous. Selon l'opinion publique ce sont tous des escrocs, des voleurs, des bandits. Ils font la manche à longueur de journée et sont très agressifs. Par manque de foyer stable, la plupart d'entre eux dorment dans des cimetières, sur les tombes ou sur les tables d'étalages dans les marchés. Les garçons se débrouillent jour et nuit pour trouver de quoi se nourrir. Les filles quant à elles, si elles ne rejoignent pas les clans des garçons, elles passent le plus clair de leur temps à faire des enfants. Sans éducation, sans qualification, donc sans considération dans la société, ils sont obligés de tout faire pour survivre.
QUE CHERCHENT-ILS ?
En les observant de plus près, la réaction serait de croire que c'est cette vie sans loi ni restriction qui les poussent à préférer la rue. Pourtant, tous font partie des gangs bien structurés. Il y a un chef suprême, en l'occurrence le plus vieux de la bande, et ses subalternes. Cependant, loin d'y trouver un havre de paix, la rue manifeste beaucoup d'agressivité vis-à-vis de ces jeunes. Des règles rudes parfois violentes sont respectées à la lettre.
Déçus par cette réalité, certains avouent ne pas avoir d'alternative».Je n'ai plus personne pour s'occuper de moi. Mes parents sont tous deux morts du sida. J'avais 8 ans. Je fus confié à la soeur de ma mère, qui a été convaincue par son église que j'étais la cause de ses échecs. Toute la famille était contre moi. Je ne peux donc pas y retourner même si ici je ne suis pas heureux» nous confie Jacques, 15 ans.
ESPÉRANCE D'UN CONGO SANS «SHEGUÉS»
Mais ces enfants sont nos enfants, nos frères et nos soeurs. Essayons de faire passer nos préjugés vis-à-vis d'eux et essayons plutôt de les aider à réintégrer la société. Quand bien même la lutte promet d'être dure, le minimum à faire est de leur porter secours quand ils nous le demandent. Avec de l'amour, de la patience et de la détermination, nous y arriverons.






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